Coville/Nélias : une belle histoire !

Vainqueur de la Transat Jacques Vabre dans la catégorie Ultime, Sodebo Ultim' a franchi la ligne d'arrivée ce matin à 11 heures 42 minutes et 27 secondes à Salvador de Bahia (Brésil) ! Partis du Havre dimanche dernier, Thomas Coville et Jean-Luc-Nélias ont traversé l'Atlantique en 7 jours 22 heures 7 minutes et 27 secondes. En moins d'un an, c'est une 3ème victoire pour ces deux marins, mais cette fois ils étaient tous les deux à bord.

La victoire n'a cependant pas été aisée. Pendant plus de 7 jours, le duo a mené un duel magnifique avec le Maxi Edmond de Rothschild. Le nouveau bateau de Sébastien Josse est arrivé seulement 1 heure 47 minutes et 57 secondes après le géant vert et noir.

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UNE VICTOIRE PHYSIQUE

D’après Jean-Luc Nélias, « les conditions des premières heures de course étaient dantesques. Notamment à la hauteur de Guernesey où il fallait se tenir pour ne pas être expulsé du bateau. »

« Dès la première nuit, je me suis fait des contractures musculaires aux avant-bras en barrant » poursuit le co-skipper de Sodebo Ultim’. Le bateau est tellement puissant. Même s’ils étaient deux à bord, les hommes de SODEBO ULTIM’ savaient dès le départ que la course et la compétition seraient rudes. Ils avaient mesuré qu’il ne leur « faudrait pas mollir » pour résister aux vitesses attendues de la part de leur concurrent direct, le Maxi Edmond de Rothschild. Confrontés à ce bateau de la dernière génération annoncé comme volant, Thomas Coville et Jean-Luc Nélias savaient qu’ils pouvaient s’appuyer sur leurs nombreux points forts, parmi lesquels leur expérience, leur complicité et la qualité du bateau qu’ils appellent « le support » mis au point par une équipe technique ultra rodée. Le duo connaît parfaitement les performances, le comportement, les réactions et les qualités de ce trimaran de 31 mètres de long et 21,20 de large, celui-là même qui leur a offert en moins d’un an trois victoires magnifiques.

Cette victoire est aussi le résultat « des heures passées à la barre pour glisser sur l’eau et aller toujours plus vite dans des conditions » que Thomas Coville estime « idéales pour nous qui avons l’expérience de ce bateau. »

 

UNE HISTOIRE QUI S’EST CONSTRUITE

Cette nouvelle victoire -  la troisième pour Sodebo cette année -  les deux skippers veulent prendre le temps de la savourer. « C’est une belle histoire qui s’est construite dans une spirale où tu te mets de moins en moins de barrières. Avec Sodebo, on aime bien les belles histoires » raconte Thomas Coville.

« Nous sommes contents bien sûr. Gagner, ça n’arrive pas si souvent que ça. Il faut savoir apprécier et déguster toutes les joies d’une victoire pour en tirer le meilleur.» Pour Jean-Luc Nélias, co-skipper qui, au sein de l’équipe, est également responsable de la performance et du routage, « c’est quelque chose que nous allons partager toute notre vie. »

 « Dans cette histoire, il y a aussi beaucoup de bienveillance, une arme fatale de notre victoire, une arme redoutable pour gagner » explique Thomas Coville qui salue avec respect, l’homme avec lequel il vient de cohabiter pendant 7 jours et 20 heures.

 

DUEL SUR TOUTE LA ROUTE

« Gagner une Jacques Vabre ça ne se fait pas tout seul ! Il s’agissait bien de ne pas laisser de place, ou alors, le moins de place possible à « l’autre » » explique le duo.

Alors, pendant 7 jours et 22 heures, ils ont fait « leur truc à eux » et ils ont suivi leur trajectoire en observant « l’autre » avec l’angoisse de rater une manœuvre et la crainte de casser quelque chose à bord.  « Cette nuit, la dernière avant l’arrivée, on allait très vite. On sentait la tension à bord, une certaine dramaturgie. Le bateau est tellement puissant par rapport à nous ! On prenait des risques » raconte Jean-Luc. « Nous sommes les pilotes d’une machine qui nous dépasse surtout quand on est en dette de sommeil après 7 jours et 7 nuits passés en mer sans dormir ou très peu. »

 

"UN VOYAGE MAGNIFIQUE" pour Jean-Luc Nélias

D’après Jean-Luc Nélias « Il est difficile de se rendre compte de ce que représente un voyage sur ce bateau magnifique à ces vitesses-là. En 7 jours, on se retrouve au Brésil. Avec ces bateaux, on traverse un pays en une journée. Grâce aux cartes, on a tous les jours la conscience du déplacement physique. On part avec la pleine lune et chaque jour, en mer, on observe son décalage. Sur cette échelle planétaire, on se déplace, on voit la carte, c’est magnifique !»

 

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GLISSE, VITESSE ET STRATÉGIE À BORD DE SODEBO ULTIM’

ALORS QUE LES DEUX GRANDS TRIMARANS DE LA COURSE CAVALENT EN TÊTE DE LA TRANSAT JACQUES VABRE, LE SKIPPER DE SODEBO ULTIM’ RACONTE LE BONHEUR DE NAVIGUER ET DE RÉGATER CONTRE GITANA 17 SUR UN TERRAIN DE JEU COMME L’ATLANTIQUE. 

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Quelques images suffisent à Thomas Coville pour présenter et illustrer l’état d’esprit du duo et l’ambiance de ces trois premiers jours de course à bord de SODEBO ULTIM’ : «Joli départ, bonne brise, mer bien formée, passage de front réussi, bons enchaînements, manœuvres maitrisées.»

 «TU ES TOUJOURS TENDU QUAND TU NAVIGUES SUR CES GRANDS BATEAUX »
« Cette descente a été musclée. Avec Jean-Luc, nous avons vraiment bien manœuvré. C’est agréable de réussir ses manœuvres car on y laisse à chaque fois pas mal d’énergie. Toutes les voiles ont été utilisées. Nous sommes passés de trois ris dans la grand-voile + J3 (la plus petite voile d’avant) à grand-voile haute et gennaker. Les voiles d’avant sont grandes et lourdes à déplacer, jusqu’à 115 kilos pour une seule voile ! Même si tu es aguerri, ça reste tendu de naviguer sur ces grands bateaux. »

GITANA 17
« C’est un beau bateau, il va bien, il est plus puissant, un peu plus large et un peu plus long que SODEBO ULTIM’. Je salue le travail de l’équipe qui n’a eu que quelques mois pour le préparer. On remarque d’ailleurs que le niveau moyen de préparation des bateaux a beaucoup progressé. »

LE MATCH
« Après trois jours de course, on se bagarre bien. Nous sommes toujours au contact avec Gitana 17, ce qui est satisfaisant pour nous. Quand Sébastien Josse et Thomas Rouxel ont envie d’appuyer, ça appuie très fort pour eux. Nous nous sommes positionnés l’un et l’autre. Ce mano à mano, c’est ce qui m’enthousiasmait au départ et nous en profitons. »

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Photo Vincent Curutchet / Sodebo

« OBJECTIF :  VITESSE ET PERFORMANCE »
« Pour aller vite, nous sommes restés sous gennaker la nuit dernière. Le bateau est facile. On a tout de même beaucoup barré depuis le départ et nous nous sommes relayés régulièrement pour garder de la vitesse. Dans ces conditions de mer désordonnée, le pilote n’est pas très à l’aise avec le grand gennaker. Sous pilote, tu navigues forcément un peu plus abattu et donc tu vas moins vite. »

SODEBO ULTIM'
« SODEBO ULTIM’ fait bien le job. Il est simple, c’est un bon camarade. Il a du cœur. Je l’aime bien. Il répond à mes attentes. Rester au contact avec Gitana 17 qui est un bateau de la dernière génération, c’est très valorisant pour le travail qu’on a réalisé sur SODEBO ULTIM’  (ex Geronimo) dont une partie date du début des années 2000.  J’ai d’ailleurs toujours bien aimé mes bateaux malgré les fortunes de mer. »

« PLUS FACILE DE NAVIGUER À DEUX QU’EN SOLO »
« Il n’y a aucun répit et c’est très motivant. Chacun fait attention à l’autre. On se préserve mais on ne se ménage pas. Quand il y a quelqu’un d’autre à bord, c’est quand même plus facile. Je m’occupe d’aller à l’avant et Jean-Luc garde le piano. Manœuvrer à l’avant demande de gros efforts. J’aime ça. J’ai toujours adoré ce poste-là.»

BONHEUR D'ETRE EN MER
« Cette partie de la descente entre les Açores et les Iles Canaries, c’est le pain blanc d’un tour du monde. Un endroit plaisant. Plus au nord, la lumière était plombée par le front. Nous sortons du gris. Jean-Luc a sorti son chapeau kaki à larges bords et moi une casquette et mes lunettes Oakley. Il est plutôt Ranger et moi look d’jeune. On rigole, on se fait quelques blagues sur notre look.
A l’instant T, en ce mercredi 8 novembre à 11H31 TU, je crois pouvoir affirmer qu’il y a quatre mecs qui sont plus heureux que le reste du monde : Sébastien Josse, Thomas Rouxel, Jean-Luc-Nélias et moi. Salut ! »

UN DÉPART SPORTIF !

UN VENT SOUTENU ET UNE MER ESCARPÉE POUR LES 37 BATEAUX ENGAGÉS QUI ONT FRANCHI LA LIGNE DE LA 13ème  TRANSAT JACQUES VABRE AUJOURD’HUI À 13H35 (heure française)

Bien placés et incisifs avant la ligne, les deux skippers de SODEBO ULTIM’ ont pris un départ majestueux. Les trois grands trimarans de la course ont logiquement viré en tête la bouée placée devant Etretat avec dans l’ordre : Prince de Bretagne suivi de Sodebo Ultim’ puis de Gitana 17.

Dans les prochaines heures, les prévisions météorologiques annoncent des conditions sportives et favorables aux vitesses élevées sur les grands bateaux.

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Quelques minutes avant de quitter les pontons du Havre, le duo de SODEBO ULTIM’ a largement et généreusement partagé sa joie de partir naviguer en course pour retrouver sur l’eau des adversaires expérimentés et de très haut niveau.

Comme le soulignait Thomas : « En compétition, nous sommes à fond tout le temps. Et en double, tu as vraiment le plaisir de pousser la machine plus fort ». « Si nous partions gagnants, ce serait ennuyeux ! » renchérissait avec humour Jean-Luc Nélias.

Le format de la course en double convient parfaitement aux deux hommes qui travaillent ensemble depuis 2011. Routeur indiscutable, mais avant tout coureur, Jean-Luc Nélias qui accompagne et guide Thomas dans ses records depuis la terre, ne cache pas sa joie d’être à bord de SODEBO ULTIM’. Quant à Thomas, il rappelle « qu’en solo, la part d’appréhension et d’inquiétude l’emporte souvent sur le plaisir. »

Reste à écrire le film de la course qui devrait être rapide pour les trimarans de la catégorie des Ultimes.

« Au moment de larguer les amarres, je suis comme un réalisateur, déjà dans le film » expliquait ce matin le skipper de SODEBO ULTIM’. « On commence par se libérer. Après, on amorce la phase de concentration et de coordination. Puis ce sera le prélude au face à face avec Jean-Luc Nélias ! (rires) », un face à face qui devrait durer à peine plus d’une semaine !

Présente au Havre depuis plusieurs jours, Patricia Brochard, une des trois co-présidentes de SODEBO, a suivi le départ de la course avec attention et bien sûr, émotion. « Le vent soutenu, la lumière changeante et les couleurs de l’estuaire de la Seine ont offert encore plus de magie à ce départ de course. Des images sublimes ! Les deux hommes sont déjà dans leur course et nous sommes heureux pour eux car nous connaissons leur bonheur quand ils sont en mer. Nous allons les suivre et les soutenir.»

 

Dans l'oeil de - épisode 5

DANS L'OEIL DE LA METEO

Les 76 marins hommes et femmes de la Transat Jacques Vabre étaient tous conviés ce matin au dernier briefing pendant lequel les organisateurs ont partagé les instructions de course et les prévisions météo. Le départ sera donné à 13h35 demain au Havre, direction Salvador de Bahia au Brésil. A bord de Sodebo Ultim’, Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sont impatients de disputer cette course.

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LA ROUTE VERS LE BRESIL DANS L’ŒIL DU ROUTAGE

Jean Luc Nélias, co-skipper et navigateur : « Ça va être bien et compliqué à la fois. Nous allons sortir de la Manche assez rapidement. Dès le milieu de la nuit de dimanche à lundi, nous serons déjà au niveau de Ouessant.

Ensuite, nous allons rencontrer une zone de petit temps où il va falloir renvoyer toute la toile. Ce petit temps sera suivi de beaucoup de vent lundi après-midi. Dès mardi, soit 48 heures après le départ, nous serons presque dans les Alizés au portant en direction du pot au noir. Nous allons sortir toute la garde-robe de SODEBO ULTIM’. Ce sera beaucoup d’énergie, d’efforts et de fatigue accumulée ! »

Pour tous, les conditions de navigations devraient être sportives. Elles s’annoncent rapides et promettent de belles vitesses sur les grands bateaux que sont les Ultimes.

A part le petit bord obligatoire pour aller enrouler une bouée mouillée devant les falaises d’Etretat, SODEBO ULTIM’ devrait s’éloigner rapidement en direction de Cherbourg dans un vent d’une vingtaine de nœuds qui va s’orienter favorablement.
Ce sera alors le premier bord de vraie vitesse. D’après Thierry Briend qui a rejoint la cellule routage le temps de la transat*, « ça va aller très très vite sur une mer de plus en plus hachée ».

Fortement impacté par les courants qui dressent des creux escarpés, l’état de la mer peut influencer les premiers choix stratégiques. Dans cette zone, les courants peuvent atteindre 8 à 9 nœuds surtout par fort coefficient de marée qui sera de 109 dimanche.

Mais plus que la renverse du courant, Thierry Briend précise ce matin que « la place de la dorsale sera l’élément déterminant pour choisir le point de passage à Ouessant ».

Après un premier quart de course viril, les trois quarts suivants s’annoncent rapides et classiques.

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Thomas Coville, le skipper apprécie ce parcours et sa complexité : « Tout le long du parcours, il y a des îles : Madère, les Canaries, le Cap Vert, qui vont représenter des obstacles météo et qui vont nous donner du fil à retordre avec leurs dévents. De quel côté passer ? A l’est ou dans l’ouest ? Ce sont tous ces rebondissements qui rendent la course intéressante.  Il y aura des choix à faire qui pourront relancer la course.  Il va y avoir un engagement technique et sportif. On ne sera pas trop de deux ! Notre connaissance du bateau et de notre duo sera notre atout ».

Les routages estiment que les premiers multicoques devraient apercevoir les lumières des côtes brésiliennes dans à peine plus d’une semaine.

LA METEO DANS L’ŒIL DU ROUTAGE

Ils vont se partager le job qui n’est pas une mince affaire.

Marin, routeur, navigateur et spécialiste de la météo, Jean-Luc Nélias embarque avec plusieurs casquettes. Et pour cette transat de 4 350 milles (7 000 kilomètres), il s’appuie sur deux hommes à terre.
Quotidiennement, Thierry Briend et Christian Dumard vont lui permettre de gagner un temps précieux. Régatiers, navigateurs, routeurs, les deux spécialistes, « castés » par Jean-Luc Nélias et Thomas Coville, cumulent les expériences. Ils sont chargés de récupérer les fichiers météo, de les analyser et de les envoyer à bord de SODEBO ULTIM’ avec un premier décryptage dont ils discuteront ensuite avec Jean-Luc et Thomas si besoin via skype.

*le routage est autorisé pour les multicoques.

Dans l'oeil de - épisode 4

Dimanche prochain à 13h35, à bord de SODEBO ULTIM’, Thomas Coville et Jean-Luc Nélias prendront le départ de la 13ème Transat Jacques Vabre entre Le Havre et Salvador de Bahia.

A eux deux, ils réunissent 11 participations : 5 pour Thomas dont 1 victoire en 1999 et 6 pour Jean-Luc dont 3 podiums en multicoque. C’est la deuxième fois qu’ils courent ensemble cette transat sur Sodebo Ultim’. Il y a deux ans, ils sont arrivés deuxièmes au Brésil. Le duo qui se connaît bien, voire très bien, nous parle d’eux, de la course et de leurs proches adversaires.

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LA COURSE DANS L’ŒIL DU DUO

« Une passionnante course qui a osé le double au pays du solo » - « Un magnifique voyage » - « Une course incontournable qui a une âme et une belle histoire » - « Un évènement marqueur de l’évolution de la ville du Havre » - « Une piste de ski entre Le Havre et le Brésil » pour l’un et «  Un slalom géant sur l’Atlantique » pour l’autre.
Chacun raconte.

Thomas : « La Transat Jacques Vabre, c’est la course sur laquelle j’éprouve le plus de plaisir. C’est la course qui a osé le double, alors qu’historiquement en France, c’est du solo. Chaque fois que je navigue en double, je me demande pourquoi je navigue en solo. Là nous sommes dans le plaisir, le partage, il y a moins de stress et tout est plus facile. C’est comme une piste de ski, tu pars en haut au Havre et tu descends jusqu’au Brésil. »

Jean-Luc : « Difficile de concevoir le nombre d’obstacles qu’il y a sur l’Atlantique. En une journée, on parcourt parfois plus de 1000kms. Il y a d’abord le rail d’Ouessant puis Madère, les Canaries, le Cap Vert. On a 3-4 jours pour les anticiper car ça va très vite à bord de ces bateaux. Et il y a le terrible Pot au Noir… c’est la seule véritable inconnue, on ne sait jamais à l’avance comment ça va se passer. Je dirais que la Manche est un slalom entre les cargos et les pêcheurs, et sur la descente de l’Atlantique, c’est un slalom spécial entre les îles! »

Thomas : « Entre le Havre et Jacques Vabre, c’est inscrit dans la durée. Ils ont osé le double et réussi cette alchimie. C’est un grand évènement incontournable. Dans le fait de partir au Brésil en bateau, il y a une belle notion de voyage. Il y a eu des hauts et des bas sur cette course, des chavirages, des disparus. Je reste passionné par cette course. »

Jean-Luc : « J’ai couru des transats Jacques Vabre avec Paul Vatine, d’autres avec Jean Maurel, ce sont mes contemporains. Je devais avoir un peu plus de 30 ans la première fois où je suis venu au Havre. Chaque fois, on voit la ville se métamorphoser, l’accueil qui change. Mais les Havrais restent les Havrais… Comme disait Polo (Paul Vatine) « une petite bière et un petit sandwich ». A chaque fois que je viens ici, je pense à lui. Ça nous fait du bien, ça nous rattache à des valeurs, à des histoires. » 

Thomas : « Nous avons grandi avec cette course, elle est née avec notre génération. On a l’impression que la ville a évoluée au fur et à mesure des années. On pourrait dire que cet évènement est un marqueur. La ville s’est transformée à chaque édition. »

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LE PLATEAU DANS L’ŒIL DU DUO

« Nous allons avoir trois bateaux assez opposés » - « Je demande à voir s’il est possible de faire le tour du monde en volant » - Nous entrons dans une nouvelle ère avec de nouveaux bateaux »
Les points de vue de l’équipage de Sodebo Ultim’

Thomas : « Nous sommes en pleine mutation avec notre catégorie de trimaran Ultimes. Tout le monde n’est pas là avec des raisons différentes de programme et de chantier.
Nous allons avoir trois bateaux assez opposés. Avec Sodebo Ultim’, nous nous retrouvons dans la même configuration qu’il y a deux ans avec Macif et François Gabart. Cette année c’est Sébastien Josse qui arrive avec son nouveau bateau. Nous avons hâte de nous confronter même si on sait que Gitana 17 sera un peu plus favorisé. Prince de Bretagne peut jouer les trouble-fête… Lionel va pousser son bateau à fond. »

Jean-Luc : « Je suis prudent. Je demande à voir s’il est possible de faire un tour du monde en volant. Nous sommes à une croisée des chemins et ça discute beaucoup autour de ce sujet. C’est très motivant. C’est comme sur le Vendée Globe où il y avait les bateaux à foils et sans foils. Nous nous demandions lequel allait gagner. En attendant ça fait du buzz et c’est bien. »  

Thomas : « Si le record de Groupama entre Le Havre et Salvador de Bahia va tomber ? Ces bateaux ont plus de puissance, donc il est forcément battable. Quand on fait des régates, on nous parle de records (rires). Avec Sodebo, nous sortons d’une année de records pour faire une course. Il va y avoir pleins de rebondissements. C’est la particularité de cette Jacques Vabre.  Nous entrons dans une nouvelle ère avec de nouveaux bateaux. Et comme c’est un sport mécanique, jusqu’au bout, tout peut changer. »

DANS L’OEIL DE L’AUTRE

Entre eux, beaucoup de bienveillance et une bonne dose d’humour - A eux deux, un maximum d’expérience – Un duo au service de la performance

Jean-Luc dans l’œil de Thomas : «  Il y a beaucoup de partage et de bienveillance entre nous. Et c’est le plus important pour que ça marche. Il fait le dur et le gros bras mais la plus grande qualité de Jean-Luc, c’est cette bienveillance. C’est source de performance. Il a beaucoup d’expérience et n’a plus besoin de regarder ses pieds quand il marche ou quand il court. Il est tout le temps à l’affut de comment il peut aider. »

Thomas dans l’œil de Jean-Luc : « L’avantage c’est que l’espace est très grand pour deux ! Avant, je naviguais avec Thomas Coville, maintenant je navigue avec une star (rires). A côté d’une star, on ne peut que briller, alors c’est fantastique ! »