Dans l'oeil de - épisode 4

Dimanche prochain à 13h35, à bord de SODEBO ULTIM’, Thomas Coville et Jean-Luc Nélias prendront le départ de la 13ème Transat Jacques Vabre entre Le Havre et Salvador de Bahia.

A eux deux, ils réunissent 11 participations : 5 pour Thomas dont 1 victoire en 1999 et 6 pour Jean-Luc dont 3 podiums en multicoque. C’est la deuxième fois qu’ils courent ensemble cette transat sur Sodebo Ultim’. Il y a deux ans, ils sont arrivés deuxièmes au Brésil. Le duo qui se connaît bien, voire très bien, nous parle d’eux, de la course et de leurs proches adversaires.

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LA COURSE DANS L’ŒIL DU DUO

« Une passionnante course qui a osé le double au pays du solo » - « Un magnifique voyage » - « Une course incontournable qui a une âme et une belle histoire » - « Un évènement marqueur de l’évolution de la ville du Havre » - « Une piste de ski entre Le Havre et le Brésil » pour l’un et «  Un slalom géant sur l’Atlantique » pour l’autre.
Chacun raconte.

Thomas : « La Transat Jacques Vabre, c’est la course sur laquelle j’éprouve le plus de plaisir. C’est la course qui a osé le double, alors qu’historiquement en France, c’est du solo. Chaque fois que je navigue en double, je me demande pourquoi je navigue en solo. Là nous sommes dans le plaisir, le partage, il y a moins de stress et tout est plus facile. C’est comme une piste de ski, tu pars en haut au Havre et tu descends jusqu’au Brésil. »

Jean-Luc : « Difficile de concevoir le nombre d’obstacles qu’il y a sur l’Atlantique. En une journée, on parcourt parfois plus de 1000kms. Il y a d’abord le rail d’Ouessant puis Madère, les Canaries, le Cap Vert. On a 3-4 jours pour les anticiper car ça va très vite à bord de ces bateaux. Et il y a le terrible Pot au Noir… c’est la seule véritable inconnue, on ne sait jamais à l’avance comment ça va se passer. Je dirais que la Manche est un slalom entre les cargos et les pêcheurs, et sur la descente de l’Atlantique, c’est un slalom spécial entre les îles! »

Thomas : « Entre le Havre et Jacques Vabre, c’est inscrit dans la durée. Ils ont osé le double et réussi cette alchimie. C’est un grand évènement incontournable. Dans le fait de partir au Brésil en bateau, il y a une belle notion de voyage. Il y a eu des hauts et des bas sur cette course, des chavirages, des disparus. Je reste passionné par cette course. »

Jean-Luc : « J’ai couru des transats Jacques Vabre avec Paul Vatine, d’autres avec Jean Maurel, ce sont mes contemporains. Je devais avoir un peu plus de 30 ans la première fois où je suis venu au Havre. Chaque fois, on voit la ville se métamorphoser, l’accueil qui change. Mais les Havrais restent les Havrais… Comme disait Polo (Paul Vatine) « une petite bière et un petit sandwich ». A chaque fois que je viens ici, je pense à lui. Ça nous fait du bien, ça nous rattache à des valeurs, à des histoires. » 

Thomas : « Nous avons grandi avec cette course, elle est née avec notre génération. On a l’impression que la ville a évoluée au fur et à mesure des années. On pourrait dire que cet évènement est un marqueur. La ville s’est transformée à chaque édition. »

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LE PLATEAU DANS L’ŒIL DU DUO

« Nous allons avoir trois bateaux assez opposés » - « Je demande à voir s’il est possible de faire le tour du monde en volant » - Nous entrons dans une nouvelle ère avec de nouveaux bateaux »
Les points de vue de l’équipage de Sodebo Ultim’

Thomas : « Nous sommes en pleine mutation avec notre catégorie de trimaran Ultimes. Tout le monde n’est pas là avec des raisons différentes de programme et de chantier.
Nous allons avoir trois bateaux assez opposés. Avec Sodebo Ultim’, nous nous retrouvons dans la même configuration qu’il y a deux ans avec Macif et François Gabart. Cette année c’est Sébastien Josse qui arrive avec son nouveau bateau. Nous avons hâte de nous confronter même si on sait que Gitana 17 sera un peu plus favorisé. Prince de Bretagne peut jouer les trouble-fête… Lionel va pousser son bateau à fond. »

Jean-Luc : « Je suis prudent. Je demande à voir s’il est possible de faire un tour du monde en volant. Nous sommes à une croisée des chemins et ça discute beaucoup autour de ce sujet. C’est très motivant. C’est comme sur le Vendée Globe où il y avait les bateaux à foils et sans foils. Nous nous demandions lequel allait gagner. En attendant ça fait du buzz et c’est bien. »  

Thomas : « Si le record de Groupama entre Le Havre et Salvador de Bahia va tomber ? Ces bateaux ont plus de puissance, donc il est forcément battable. Quand on fait des régates, on nous parle de records (rires). Avec Sodebo, nous sortons d’une année de records pour faire une course. Il va y avoir pleins de rebondissements. C’est la particularité de cette Jacques Vabre.  Nous entrons dans une nouvelle ère avec de nouveaux bateaux. Et comme c’est un sport mécanique, jusqu’au bout, tout peut changer. »

DANS L’OEIL DE L’AUTRE

Entre eux, beaucoup de bienveillance et une bonne dose d’humour - A eux deux, un maximum d’expérience – Un duo au service de la performance

Jean-Luc dans l’œil de Thomas : «  Il y a beaucoup de partage et de bienveillance entre nous. Et c’est le plus important pour que ça marche. Il fait le dur et le gros bras mais la plus grande qualité de Jean-Luc, c’est cette bienveillance. C’est source de performance. Il a beaucoup d’expérience et n’a plus besoin de regarder ses pieds quand il marche ou quand il court. Il est tout le temps à l’affut de comment il peut aider. »

Thomas dans l’œil de Jean-Luc : « L’avantage c’est que l’espace est très grand pour deux ! Avant, je naviguais avec Thomas Coville, maintenant je navigue avec une star (rires). A côté d’une star, on ne peut que briller, alors c’est fantastique ! »