Sodebo Ultim’ file dans les alizés et c’est le bonheur pour Thomas Coville

Il n’est parti que depuis trois jours, il a déjà parcouru plus de 1900 milles et il poursuit sa descente rapide vers l’Equateur. Mais avant, il y aura les îles du Cap Vert que Thomas Coville, le skipper solitaire de Sodebo Utim’ devrait contourner demain jeudi aux alentours de midi.

Tous les débuts de tours du monde sont intenses. Il y a l’émotion du départ, ilfaut se mettre le plus vite possible dans le rythme du bateau qui est surpuissant et surtout, il faut oublier la terre.

En moins de trois jours et c’est presque surréaliste, le skipper du trimaran de 31 mètres a déjà trouvé les alizés. Il navigue désormais dans des conditions de navigation plus clémentes avec notamment des températures qui avoisinent les 20 degrés. 

 

Beaucoup plus sud, il fait plus froid et il y a des glaces  
Si le passage de l’Equateur se profile toujours dans la nuit de vendredi à samedi, Thomas Coville et la cellule routage de Sodebo Ultim’ restent concentrés sur la suite. La traversée de l’Atlantique sud et la négociation de l’anticyclone de Sainte-Hélène sont toujours incertaines d’autant qu’une remontée exceptionnelle de glaces est observée avec de gros amas très nord vers 43 °sud à la longitude de Caught Island. Ce qui implique de ne pas aller plus bas pour éviter les growlers.

Joint cet après-midi, Thomas raconte ses premiers jours sur le record...
Chaque matin et chaque soir tu nous offres une destination de rêve à travers cette descente express dans l’Atlantique…
« Tu pars de Ouessant, le lendemain matin tu es déjà en Espagne, en soirée tu as passé le Portugal. Hier matin j’ai passé Madère, hier soir les Canaries et demain j’arrive au Cap Vert. Tu défiles toutes les îles de l’Atlantique Nord, en presque quelques heures. Ça va très très vite en vitesse mais aussi en climatologie.
Je suis parti avec mon ciré lourd, une cagoule, j’aurais presque pu supporter des gants. Six heures après, c’était ambiance espagnole. Au Portugal, j’ai enlevé une couche. Très vite, les températures ont grimpé et maintenant il fait plutôt chaud à l’intérieur du bateau.
C’est sur ce tronçon du tour du monde que le voyage est le plus rapide et le plus agréable. Ça glisse, il va faire beau pendant une semaine et ce sont les meilleures conditions de navigation. »

Beaucoup de manœuvres sur ces dernières 24h, comment te sens-tu ?
« On s’est fait un peu peur avec une dorsale anticyclonique. Il a vraiment fallu que je m’arrache physiquement pour enchaîner les empannages toutes les 2 heures pour aller chercher la bonne rotation de vent et rester dans le bon couloir avec de la pression.»

Que dire de cette fenêtre ?
« Cette fenêtre n’est pas mal du tout. Ça fait un joli trait on l’on est presque proche de la ligne droite. On devrait avoir un super temps à l’Equateur mais pour le moment je suis concentré sur la suite et notamment la position de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui se met sur notre chemin. En même temps, il y a une remontée des glaces exceptionnelle nous contraignant à ne pas aller au-delà du 43°.  J’attends donc de voir une fois sous l’Afrique du Sud comment nous aurons négocié l’anticyclone de Sainte-Hélène. »

Le plus dur ?
« Le long du Portugal où c’était très engagé. Des grains de 40-45 nœuds, il fallait tenir et gérer la surpuissance du bateau qui était impressionnante sans rien cassé. Nerveusement c’était assez dur. »

Perçois-tu les odeurs venues de la terre ?
« Non je ne sens plus rien, la seule chose qui me permet de rester connecter avec la terre c’est l’odeur du pain que je me suis surpris à renifler ce matin pour mon petit déjeuner.»

Et ton rythme de vie à bord ?
« Je n’avais pas très faim jusqu’au passage du cap Finisterre, mais ça va mieux. J’ai commencé les plats lyophilisés, je retrouve un bon rythme.  De sommeil aussi. Je me sens plus frais maintenant que le matin du départ.»

Anecdote - Le requin mardi 8 novembre aux environs de 16.00
Thomas a touché un requin qui s’est enroulé sur le safran central. Il a choqué en grand pour ralentir le bateau et le requin s’est dégagé. Le skipper de Sodebo l’a vu plié en deux dans le sillage. Il faut savoir que lorsque quelque chose se prend dans les appendices, le bateau devient ingérable et dangereux. Thomas a su réagir rapidement et avoir les bons réflexes.