Un équateur record pour Thomas Coville !

L’Equateur en 5 jours et 17 heures en solitaire ?  Il fallait le faire. Thomas Coville est parti dimanche dernier de Brest et il vient d’établir un nouveau record de vitesse sur cette portion du tour du monde à la voile. 
Ce record était à peine pensable presqu’inimaginable il y a quelques années. Le résultat est notamment le fruit d’un travail d’équipe colossal et l’expression d’une expérience unique, celle d’un homme qui sait ce qui l’attend. 

Le skipper de Sodebo Ultim’ a conçu un multicoque puissant qui vient de prouver ses qualités sur ce premier tronçon du tour du monde à la voile. La route est encore longue et Thomas Coville le sait bien. Le marin file aujourd’hui à toute vitesse vers des contrées de plus en plus hostiles avec devant lui une négociation et pas des moindres. Accompagné de toute son équipe à terre, il observe depuis des jours ce qui se profile sur la route du Cap de Bonne Espérance. L’accès est aujourd’hui barré par un anticyclone et de gros morceaux de glaces qui dérivent cette année à des latitudes exceptionnellement nord. Le marin solitaire va devoir passer dans un trou de souris qui bouge tout le temps. 
A suivre !


REACTIONS DE THOMAS COVILLE
Quelques heures après son passage de l’Equateur, nous avons joint le skipper de Sodebo Ultim’. Il commente ce nouveau record qu’il vient d’établir sur ce premier tronçon du tour du monde...

Un bateau rapide + une belle fenêtre météo = un nouveau record de vitesse en solitaire sur le premier tronçon
« En partant, je savais que j’avais un bateau qui avait un meilleur potentiel que le précédent. Sans ce nouveau bateau, je ne crois pas que j’y serais retourné.  Si on ajoute les conditions météo du départ avec cette belle fenêtre, cela fait un joli temps à l’Equateur. 
Ces cinq derniers jours ont été physiques et rapides avec une jolie route presque rectiligne même dans le pot au noir. Je l’ai traversé cette nuit et Sodebo Ultim' ne s’est jamais arrêté. Je n’ai pas manœuvré, j’ai simplement réglé les voiles. » 

Ce nouveau bateau, Sodebo Ultim’ ?
« Cela n’a jamais été scabreux même si je sais que cela peut m’arriver. Je suis très content de mon bateau et du pilote. Je n'ai aucun problème technique majeur, Sodebo Ultim est en parfait état de marche et c'est extrèmement important pour la suite. J'ai eu des journées à plus de 30 noeuds de moyenne, ça va très fort ! Les foils sont très adaptés et je me sens à l’aise sur ce bateau qui a tout de même 5 mètres de plus de large que le précédent. Cette largeur offre une puissance bien supérieure.  »

Le tour du monde est une course d’endurance
« J’ai réussi à être tout de suite dans le match, assez libéré avec les bonnes configurations de voiles que nous travaillons depuis trois ans.
Le tour du monde ce n’est pas une transat, ce n’est pas juste aller à l’Equateur. On se dit tout le temps qu’il faut tenir deux mois. Il faut aller jusqu'au bout ! »

L’homme
« C’est agréable psychologiquement de commencer en étant bien dans le tempo. Quand cela commence comme ça on a un bon moral. Cela montre aussi que nous avons été audacieux de prendre cette fenêtre météo. J'ai un plaisir fou à naviguer et à aller vite. Techniquement, tu sens que tu as du potentiel. On a fait un bon temps en restant raisonnable. Un bon temps sur le premier tronçon, ça met en confiance même si je sais bien qu’il y a tellement d’aléatoires sur un tour du monde. Je ne connais pas beaucoup d’épreuves sportives qui durent aussi longtemps.»