Record de l'Océan Indien : "Maintenant direction le Cap Horn !"

Un nouveau record de l’Océan Indien, que ressens-tu ?
« Je n’ai pas eu le temps de me pencher sur les chiffres exacts car la journée a été très dense. Beaucoup de changements de voiles ce matin où j’ai déployé toute la garde-robe de Sodebo Ultim’. C’est un très joli temps et je ne m’y attendais pas. C’est un endroit que j’appréhendais car Francis avait fait une très belle trace et je savais que ce ne serait pas facile de faire mieux. Sodebo Ultim’ est un bateau d’une meilleure génération que Idec, il va plus vite mais avec une exigence de tous les instants."

8 jours 12 heures et 19minutes pour un seul homme, c’est un peu hors normes ?
"Je viens de terminer un Océan : l’Indien ce n’est n’importe lequel ! C’est celui que je redoutais le plus. Il est redoutable en intensité, avec un froid glacial, car nous sommes bas en latitude.
J’ai fait mieux que ce que le temps réalisé en équipage Franck Cammas en 2010, c’est quand même une grande satisfaction. J’étais en équipage avec des marins exceptionnels, ça montre qu’on s’en est bien sorti avec Sodebo Ultim’ et la cellule routage avec Jean-Luc Nélias, d’autant que j’ai fait plus de route. Je suis très content de basculer dans le Pacifique avec cette avance de plus de deux jours sur le temps référent de Francis Joyon, ça donne la patate !  Maintenant direction le Cap Horn ! C’est un super moment ! La bonne nouvelle c’est que la route dans le Pacifique sera un peu plus nord, donc avec des températures un petit peu plus chaudes…"

Que retiens-tu de cette traversée express ?
"Quand on a démarré l’Océan Indien, ce n’était pas sous de meilleurs hospices avec tout de suite des vents très forts et beaucoup de mer. De vivre dans ces conditions ce n’est pas facile. La mer était très formée avec des creux de 7 à 8 m qui ont donné le ton dès le début. Je me suis senti un peu pris à la gorge. Dans le port, Sodebo Ultim’ semble gros mais dans les vagues de 10 m, c’est une petite maquette. Le manœuvrer tout seul demande beaucoup de concentration car il n’y a aucune erreur possible. Le moindre petit problème devient vite compliqué.  Il faut être tout le temps disponible, à régler. Dans l’Indien il faut accepter d’être sous toilé. Mentalement c’est très engagé.

A rajouter à cela, depuis 4 jours j’avais la pression pour rester devant un front pour ne pas changer de système météo. Si je rêvais de cette opportunité de record, cela pouvait être moins bien en termes de temps. Mais ça a payé puisque c’est un super résultat. Le bateau est en excellent état, il est à 100%. J’ai dosé et bien géré mon effort, et c’est ce que j’ai l’intention de faire jusqu’au bout…"