Thomas Coville en standby à Brest pour une tentative de record autour du monde en solitaire

Parti mercredi matin au 2 novembre en convoyage en direction de Brest, le trimaran de 32 mètres s'est amarré dans la soirée au Port du Château dans l’attente de la bonne fenêtre météo.

Dès que les conditions météo sembleront favorables, le skipper de SODEBO ULTIM’ s’élancera pour la 5ème fois à l’assaut du temps absolu du tour du monde en solitaire avec comme objectif de faire tomber le record magnifique que Francis Joyon détient depuis 2008.

C’est sans doute  le défi le plus ultime aujourd’hui. A 47 ans et après des centaines de milles parcourus sur toutes les mers du monde, Thomas Coville va tenter de tourner en solitaire autour de la planète en moins de 57 jours, 13 heures et 34 minutes.

Plus récent que l’ancien IDEC sur lequel Francis Joyon a établi le temps de référence actuel, SODEBO ULTIM’ affiche sur le papier des vitesses supérieures.

Derrière l’ordinateur pour guider Sodebo Ultim’ tout au long de ce défi, un quatuor de cadors de la météo et du routage qui connaissent bien le skipper et c’est important. Aux manettes, on retrouve donc Jean-Luc Nélias qui sera entouré de Thierry Douillard, Thierry Briend et de Samantha Davies, qui a participé au routage de Sodebo Ultim’ lors de The Transat.

Entretien avec Thomas Coville…
Descendre sous les 57 jours de Francis Joyon.
« J’ai bouclé deux fois ce tour du monde en solitaire, une fois en 59 jours et la deuxième fois en 60 jours, et j’ai dû renoncer deux fois. Ce tour du monde en trimaran, nous sommes trois à l’avoir tenté et réalisé sans escale en mode record (NDLR / Ellen MacArthur, Francis Joyon et Thomas Coville). Cette année, je vais chercher à descendre en dessous des 57 jours pour établir le 5ème temps tout confondu (record autour du monde à la voile en équipage et en solitaire).»


Sodebo Ultim’, un bateau taillé pour ce record

« Sodebo Ultim’ a été conçu pour ce record et profite de toute la nouvelle technologie. Même si ce n’est pas une assurance tout risque, il doit pouvoir permettre de s’extraire de l’aléatoire météo. Sodebo Ultim’ est 10 à 15% plus rapide que mon ancien bateau. Je serai donc mieux armé. Avec ce bateau, on est dans le bon timing cette année pour tenter de battre ce record. On a un peu la pression de saisir cette opportunité et d’obtenir ce résultat. Après, il y aura d’autres bateaux de nouvelle génération qui sont là pour la relève…»

Record vs course ?

Un record, ça peut être tellement difficile à battre et il peut se passer plusieurs années avant de le faire évoluer. Pendant 10 ans, le sauteur à la perche, Serge Bubka a détenu le record des 6,14m. Quand tu arrives à battre un record, c’est magique. Tu as l’impression de faire quelque chose d’unique. Le record donne une perspective historique. C’est ce que je vais chercher. »

La spécificité d’un record : se battre contre le chrono et compter sur la météo
« Quand tu étudies le parcours, bien évidemment on peut l’améliorer et Sodebo Ultim’ a été conçu pour ce record. Deux jours soit 48 heures, c’est l’avance ou le retard que l’on peut avoir. Cette année, je vise les 55 jours. Tout se jouera à la jonction entre l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud. Cette jonction est capitale au moment de la remontée dans l’hémisphère nord. Il faut espérer être dans le bon train.

J’ai vécu cette expérience en 2013 lors de ma dernière tentative. Pendant la remontée de l’Atlantique après le Cap Horn, j’étais en avance sur Francis Joyon jusqu’au Brésil. Mais je n’avais pas assez de marge et je suis arrivé avec deux jours de retard.
Grosso modo, si tu n’as pas deux jours d’avance en arrivant en Atlantique Nord, c’est risqué et tu subis l’aléatoire de la météo. On l’a vu l’an dernier, Spindrift a manqué le record de deux jours et Idec de quatre jours alors qu’ils étaient dans le timing au début. »

Les routages tournent à plein régime

« On fait tourner les routages avec les différents scénarios. Nous regardons surtout le passage de l’Equateur et l’entrée dans l’Atlantique Sud. Je suis impatient de partir, je n’ai pas envie d’attendre trop longtemps... J’ai hâte de voir ce que cela donne.

En climatologie, les tentatives qui fonctionnent sont celles qui partent mi-novembre. Il faut être synchro entre les glaces dans le Sud et le retour dans l’hémisphère Nord. Le bateau est prêt. Avec l’équipe, nous sommes tous en astreinte pour réagir dès qu’une fenêtre se profile. »