Dans l'oeil de - épisode 5

DANS L'OEIL DE LA METEO

Les 76 marins hommes et femmes de la Transat Jacques Vabre étaient tous conviés ce matin au dernier briefing pendant lequel les organisateurs ont partagé les instructions de course et les prévisions météo. Le départ sera donné à 13h35 demain au Havre, direction Salvador de Bahia au Brésil. A bord de Sodebo Ultim’, Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sont impatients de disputer cette course.

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LA ROUTE VERS LE BRESIL DANS L’ŒIL DU ROUTAGE

Jean Luc Nélias, co-skipper et navigateur : « Ça va être bien et compliqué à la fois. Nous allons sortir de la Manche assez rapidement. Dès le milieu de la nuit de dimanche à lundi, nous serons déjà au niveau de Ouessant.

Ensuite, nous allons rencontrer une zone de petit temps où il va falloir renvoyer toute la toile. Ce petit temps sera suivi de beaucoup de vent lundi après-midi. Dès mardi, soit 48 heures après le départ, nous serons presque dans les Alizés au portant en direction du pot au noir. Nous allons sortir toute la garde-robe de SODEBO ULTIM’. Ce sera beaucoup d’énergie, d’efforts et de fatigue accumulée ! »

Pour tous, les conditions de navigations devraient être sportives. Elles s’annoncent rapides et promettent de belles vitesses sur les grands bateaux que sont les Ultimes.

A part le petit bord obligatoire pour aller enrouler une bouée mouillée devant les falaises d’Etretat, SODEBO ULTIM’ devrait s’éloigner rapidement en direction de Cherbourg dans un vent d’une vingtaine de nœuds qui va s’orienter favorablement.
Ce sera alors le premier bord de vraie vitesse. D’après Thierry Briend qui a rejoint la cellule routage le temps de la transat*, « ça va aller très très vite sur une mer de plus en plus hachée ».

Fortement impacté par les courants qui dressent des creux escarpés, l’état de la mer peut influencer les premiers choix stratégiques. Dans cette zone, les courants peuvent atteindre 8 à 9 nœuds surtout par fort coefficient de marée qui sera de 109 dimanche.

Mais plus que la renverse du courant, Thierry Briend précise ce matin que « la place de la dorsale sera l’élément déterminant pour choisir le point de passage à Ouessant ».

Après un premier quart de course viril, les trois quarts suivants s’annoncent rapides et classiques.

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Thomas Coville, le skipper apprécie ce parcours et sa complexité : « Tout le long du parcours, il y a des îles : Madère, les Canaries, le Cap Vert, qui vont représenter des obstacles météo et qui vont nous donner du fil à retordre avec leurs dévents. De quel côté passer ? A l’est ou dans l’ouest ? Ce sont tous ces rebondissements qui rendent la course intéressante.  Il y aura des choix à faire qui pourront relancer la course.  Il va y avoir un engagement technique et sportif. On ne sera pas trop de deux ! Notre connaissance du bateau et de notre duo sera notre atout ».

Les routages estiment que les premiers multicoques devraient apercevoir les lumières des côtes brésiliennes dans à peine plus d’une semaine.

LA METEO DANS L’ŒIL DU ROUTAGE

Ils vont se partager le job qui n’est pas une mince affaire.

Marin, routeur, navigateur et spécialiste de la météo, Jean-Luc Nélias embarque avec plusieurs casquettes. Et pour cette transat de 4 350 milles (7 000 kilomètres), il s’appuie sur deux hommes à terre.
Quotidiennement, Thierry Briend et Christian Dumard vont lui permettre de gagner un temps précieux. Régatiers, navigateurs, routeurs, les deux spécialistes, « castés » par Jean-Luc Nélias et Thomas Coville, cumulent les expériences. Ils sont chargés de récupérer les fichiers météo, de les analyser et de les envoyer à bord de SODEBO ULTIM’ avec un premier décryptage dont ils discuteront ensuite avec Jean-Luc et Thomas si besoin via skype.

*le routage est autorisé pour les multicoques.